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Portage salarial et intérim : quelles sont les différences ?

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Écrit par Charlyne

Publié le 19/01/2022

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Sommaire

Vous avez tendance à confondre portage salarial et intérim ? Rassurez-vous : c’est souvent le cas ! Il est vrai que ces pratiques ont des points communs, puisque, dans les deux cas, le salarié travaille au sein d’une entreprise cliente pour le compte d’une société qui joue les intermédiaires. Toutefois, le statut en portage salarial et le statut d’intérimaire présentent des différences essentielles : ils s’adressent à des profils distincts et offrent des degrés d’autonomie dissemblables. Focus sur ces deux pratiques et sur ce qui les oppose.

Portage salarial et intérim : deux pratiques professionnelles souvent confondues

Faut-il s’étonner de la confusion ? Le portage salarial et l’intérim présentent des ressemblances susceptibles d’expliquer pourquoi l’on mélange parfois ces deux pratiques professionnelles. En effet, le travail temporaire et le portage salarial font intervenir trois entités distinctes et deux relations contractuelles.

  • Dans le cas du portage salarial, le consultant signe un contrat de travail avec une société de portage, elle-même liée aux entreprises clientes par des contrats de prestation.

  • Dans le cas de l’intérim, le travailleur est sous contrat avec une entreprise de travail temporaire (ou agence d’intérim), qui l’envoie effectuer des missions chez des clients dans le cadre de contrats de mise à disposition de personnel.

Autres points communs : dans les deux cas, le travailleur a le statut de salarié. Il bénéficie d’une protection sociale adaptée (affiliation au régime de la Sécurité sociale, cotisations retraite, assurance chômage et autres). Ses démarches administratives et comptables sont prises en charge, et sa responsabilité civile professionnelle est couverte.

Enfin, le salarié porté comme l’intérimaire peuvent être amenés à signer :

  • Un CDD qui correspond à la durée de la mission,

  • Un CDI permettant de réaliser plusieurs missions successives. 

Portage salarial vs intérim : les différences entre ces deux statuts

Ce sont en effet des ressemblances notables. Pourtant, le portage salarial et l’intérim fonctionnent d’une façon très différente, et s’adressent à des profils distincts. De fait, certaines activités sont bien spécifiques au portage salarial, en particulier les professions intellectuelles et de conseil, tandis que le travail temporaire concerne le plus souvent des prestations techniques et manuelles. Voyons cela dans le détail, en trois points.

La philosophie du travail

Le portage salarial et l’intérim correspondent à des philosophies du travail assez différentes. L’activité d’intérim répond aux besoins des entreprises qui recherchent une main-d’œuvre ponctuelle, dans des cadres bien délimités (remplacement ou accroissement temporaire d’activité), et pour des prestations plutôt manuelles ou techniques. Ainsi, les missions proposées à un intérimaire demandent, le plus souvent, peu ou pas de qualifications.

De plus, l’intérimaire s’adapte à la demande : c’est l’agence d’intérim qui lui soumet des missions.

De son côté, le portage salarial répond aux besoins des consultants et des cadres qui souhaitent proposer leur expertise aux entreprises sans devoir créer une structure juridique, et sans perdre le filet de sécurité offert par le salariat. Ces missions, ponctuelles, apportent aux sociétés des compétences dont elles ne disposent pas en interne. Dans ce cas, c’est donc le salarié porté qui est à l’initiative de la mission : il cherche d’abord un client, valide une prestation, puis s’adresse à une entreprise de portage.

En ce sens, le statut de salarié porté se rapproche de celui d’entrepreneur, quelle que soit la forme juridique considérée (voir par exemple notre article portage salarial vs EURL).

Le lien de subordination

Autre différence majeure entre portage salarial et intérim : la notion de subordination. L’intérimaire n’est pas un travailleur indépendant, mais un salarié rattaché à la société de travail temporaire par un lien hiérarchique. De sorte qu’il ne choisit pas ses missions, ni ses clients, ni sa rémunération.

Le salarié porté, lui, est autonome. Il exerce son activité à sa guise : choix des clients, des missions, des tarifs, du planning, du lieu de travail. L’entreprise de portage intervient lorsque le consultant s’est mis d’accord avec son client, pour établir un contrat de prestation reprenant les modalités négociées en amont. Sa seule obligation ? Justifier de son activité auprès de la société de portage via des comptes rendus réguliers.

La rémunération

Enfin, le mode de rémunération marque une nette rupture entre le portage salarial et l’intérim. Le salaire versé à l’intérimaire dépend de la grille salariale mise en place par l’entreprise cliente, mais aussi des négociations entre celle-ci et l’agence. En d’autres termes, le travailleur temporaire n’a pas son mot à dire. Et compte tenu de la nature des missions proposées, la rémunération est le plus souvent inférieure au portage.

À l’inverse, dans le cadre du portage salarial, le consultant négocie en amont ses honoraires avec son entreprise cliente. Ces tarifs sont ensuite portés sur le contrat de prestation. La rémunération du salarié porté est calculée en fonction du chiffre d’affaires réalisé, duquel la société de portage soustrait ses frais de gestion et les cotisations sociales. En somme, plus le consultant réalise de bénéfices, plus son salaire mensuel est élevé.

Les différences entre portage salarial et intérim sont donc majeures. Au contraire de l’intérimaire, le salarié porté est aux commandes de son activité, bénéficie d’une autonomie complète, et choisit lui-même ses honoraires. Ce qui en fait un statut intéressant à plus d’un égard !

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