Ce simulateur est totalement gratuit. Il peut vous aider à comprendre pourquoi le portage salarial est un statut qui vous convient ou non.
Devenir freelance implique une première décision structurante : choisir le bon statut juridique. Ce choix conditionne votre régime social, votre fiscalité, votre niveau de protection et, au final, le revenu net que vous percevrez chaque mois.
Chaque statut de freelance répond à une situation personnelle et à un profil d'activité différents. Ce guide complet vous aide à comparer les statuts juridiques disponibles, à comprendre leurs avantages et inconvénients, et à identifier la solution la mieux adaptée à votre projet entrepreneurial.
Un bon comparateur de statuts repose sur quelques critères simples mais déterminants : le revenu visé, le niveau de protection souhaité, les frais de gestion acceptables et la fiscalité applicable. La comparaison ne se limite pas à regarder le taux de charges : il faut aussi tenir compte du plafond de chiffre d'affaires (notamment pour la micro-entreprise), des formalités de création, et de la flexibilité offerte pour faire évoluer son activité.
Un comparatif des statuts efficace met en regard, pour chaque option, le revenu net disponible, les cotisations, la retraite et la couverture en cas de maladie, d'accident ou d'invalidité-décès. C'est précisément l'objectif d'un simulateur : convertir votre revenu brut ou votre TJM (taux journalier moyen) en salaire net réel, une fois toutes les charges et cotisations déduites.
Plusieurs statuts juridiques permettent d'exercer une activité de freelance ou de consultant indépendant. Voici les principales options du marché.
La micro-entreprise (auto-entrepreneur)
La micro-entreprise, anciennement appelée auto-entreprise, est le statut le plus simple à créer : les formalités sont réduites et la gestion comptable est simplifiée. Les cotisations sont calculées directement sur le CA encaissé, ce qui évite les mauvaises surprises. En contrepartie, ce régime est soumis à un plafond de revenu annuel, et les frais professionnels ne peuvent pas être déduits, ce qui limite l'optimisation fiscale pour les activités à forte marge.
L'entreprise individuelle et l'EURL
L'entreprise individuelle (EI) et l'EURL (société unipersonnelle à responsabilité limitée) conviennent aux freelances qui dépassent le plafond de la micro-entreprise ou qui souhaitent déduire davantage de frais réels. L'EURL protège le patrimoine personnel grâce à la séparation entre patrimoine professionnel et personnel, et permet une gestion plus fine du capital social et de la rémunération.
La SASU
La SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) séduit de nombreux consultants et freelances pour sa flexibilité et son régime social assimilé salarié. Le dirigeant cotise au régime général, ce qui offre une meilleure protection sociale (assurance maladie, retraite, prévoyance) comparée à celle d'un travailleur indépendant classique, moyennant des charges généralement plus élevées.
Le portage salarial
Le portage salarial permet d'exercer une mission en tant qu'indépendant tout en bénéficiant du statut de salarié porté par une société de portage salarial. Ce statut donne accès à l'assurance chômage, à une mutuelle d'entreprise et à une couverture complète, en échange de la commission de gestion prélevés par la société de portage sur chaque mission facturée au client.
Concrètement, le consultant signe un contrat avec une société de portage salarial, négocie sa mission et son TJM directement avec le client, puis transmet son activité (jours travaillés, chiffre d'affaires facturé) à la société de portage. Celle-ci émet la facture, encaisse le paiement, prélève sa commission de gestion et les cotisations sociales, puis reverse un salaire net mensuel accompagné d'un bulletin de paie classique. C'est une option particulièrement appréciée des consultants qui interviennent auprès de grands comptes ou d'ESN exigeant un cadre contractuel sécurisé, ainsi que des personnes en transition professionnelle qui souhaitent tester une activité indépendante sans quitter totalement le régime salarié.
Le choix entre société à l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur les sociétés
Que vous optiez pour une EURL ou une SASU, une décision complémentaire se pose : soumettre la société à l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur les sociétés. Ce choix a un impact direct sur le net disponible, sur la répartition entre salaire et dividendes, et sur le taux d'imposition global appliqué à votre activité. La flat tax sur les dividendes, le taux de l'impôt sur les sociétés et votre tranche d'imposition personnelle doivent être analysés ensemble pour déterminer l'option la plus avantageuse selon votre chiffre d'affaires et vos besoins de revenu mensuel.
Chaque statut présente un équilibre différent entre protection, net disponible et liberté de gestion.
La micro-entreprise offre une grande simplicité et des formalités de création allégées, mais une protection plus limitée et l'absence de déduction des charges réelles. C'est une bonne option pour démarrer une activité ou tester un projet avant de basculer vers une société.
L'EURL et l'entreprise individuelle permettent de déduire les frais réels et d'optimiser la rémunération entre salaire et dividendes, mais impliquent une comptabilité plus lourde et des cotisations sociales au régime des indépendants (souvent perçu comme moins protecteur, notamment pour la retraite et l'invalidité-décès).
La SASU apporte une meilleure protection sociale (chômage partiel, retraite, prévoyance) grâce au régime assimilé salarié, au prix de charges plus élevées et d'un formalisme juridique plus contraignant lors de la création et de la gestion courante.
Le portage salarial garantit une sécurité maximale (bulletin de salaire, mutuelle, cotisation retraite, assurance chômage) sans création de société, mais la commission de gestion réduisent mécaniquement le revenu net par rapport aux autres statuts, pour un même chiffre d'affaires facturé.
Pour visualiser ces écarts, prenons un exemple simple. Un consultant qui facture un même chiffre d'affaires mensuel obtiendra généralement le net disponible le plus élevé en micro-entreprise (grâce à des charges réduites), un net intermédiaire en EURL ou en SASU selon l'arbitrage salaire/dividendes retenu, et le net le plus faible en portage salarial une fois la commission de gestion et les cotisations du régime général déduits. En contrepartie, l'ordre s'inverse presque exactement lorsqu'on compare le niveau de protection sociale : le portage salarial et la SASU offrent la meilleure couverture (retraite, prévoyance, invalidité-décès, assurance chômage), tandis que la micro-entreprise reste le statut le moins protecteur sur ces points. Choisir son statut revient donc souvent à arbitrer entre net disponible immédiat et sécurité sociale à long terme.
Le choix du statut juridique dépend avant tout de votre situation personnelle et de votre profil d'activité :
Un freelance qui débute son activité avec un revenu incertain privilégiera souvent la micro-entreprise pour sa simplicité et l'absence de risque financier en cas de faible activité. Un consultant expérimenté, avec un chiffre d'affaires élevé et récurrent, aura davantage intérêt à créer une SASU ou une EURL afin d'optimiser sa rémunération et sa protection. Enfin, pour ceux qui souhaitent se concentrer sur leurs missions sans gérer d'entreprise, le portage salarial offre une solution clé en main, avec une sécurité proche de celle d'un CDI.
Avant de trancher, il est recommandé de comparer les statuts à l'aide d'un simulateur, de consulter un expert-comptable ou un spécialiste de la création d'entreprise, et de tenir compte de l'évolution attendue de votre activité sur les prochaines années.
