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Rémunération du freelance : comment fixer son revenu comme travailleur indépendant ?

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Écrit par Antoine

Publié le 29/03/2022

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Vous envisagez de devenir freelance ? Dans ce cas, vous vous posez sans doute des questions au sujet de votre future rémunération. En tant que travailleur indépendant, vous devez vous verser votre propre salaire, ce qui suppose, en amont, de fixer des honoraires sous la forme d’un taux journalier moyen (TJM). Mais pour le calculer, il faut tenir compte de plusieurs paramètres : le salaire de freelance que vous voulez toucher, les cotisations sociales à verser en fonction de votre statut juridique, les dépenses liées à votre activité professionnelle, ou encore la fiscalité. Voici tout ce qu’il faut savoir au sujet de la rémunération du freelance pour calculer votre revenu d’indépendant.

Quelle rémunération pour un freelance ?

Un travailleur indépendant n’est pas un salarié : il n’a pas de contrat de travail, pas de salaire fixe mensuel. La rémunération du freelance dépend du chiffre d’affaires qu’il réalise au fil des missions, lui-même lié au taux journalier moyen qu’il a fixé en amont.

Or en regardant sur les plateformes de freelances, vous constatez que les taux journaliers moyens sont parfois importants. Un freelance facture entre 300 et 600 € la journée en moyenne. Est-ce à dire qu’on devient riche lorsqu’on est indépendant ? Bien sûr, la réponse est plus pragmatique : le TJM d’un freelance est élevé parce qu’il doit intégrer à son calcul les contraintes liées à la précarité de son activité.

L’entrepreneur, en effet, n’a ni congés payés, ni sécurité de l’emploi, ni 13e mois, ni titres-restaurant, ni mutuelle, et une assurance chômage limitée. Sa protection sociale est donc faible. En outre, il doit tenir compte de ses dépenses : charges sociales et frais divers. C’est pourquoi le TJM est souvent haut : en dessous d’un certain tarif, le freelance exerce son travail à perte. En portage salarial, une facturation minimum est même prévue par le cadre légal pour que l’activité soit rentable : 250 € par jour.

Il est donc important de réfléchir en amont à votre rémunération de freelance et de fixer un taux journalier moyen adapté à votre activité et à votre statut.

Comment fixer son taux journalier moyen quand on est indépendant ?

La rémunération du freelance est donc basée sur le taux journalier moyen, utilisé de manière courante par les travailleurs indépendants. Ce taux, c’est ce que vous facturez chaque jour à votre client en contrepartie de la prestation réalisée : cumulé, il constitue votre chiffre d’affaires. C’est le montant qui vous permet d’avoir une activité rentable et de vous verser un salaire de freelance. Il est exprimé hors taxes.

Attention : dans le cadre d’une mission de courte durée (quelques heures), le TJM doit laisser place à un taux horaire moyen (THM), répercuté sur le nombre d’heures effectives de travail. C’est le cas, par exemple, si un client vous demande une prestation unique, comme la réalisation d’un visuel pour un graphiste, l’écriture d’un contenu pour un rédacteur web ou une intervention ponctuelle pour un informaticien.

Voyons quels sont les paramètres à prendre en compte pour fixer votre taux journalier moyen, et ainsi calculer votre rémunération de freelance.

Les jours non travaillés

Le statut de freelance a une particularité par rapport à celui de salarié : l’indépendant ne travaille pas tous les jours. Votre calcul de rémunération de freelance doit donc tenir compte des week-ends, des jours fériés, des vacances, mais aussi des journées consacrées à d’autres tâches (prospection, administration, facturation), et des jours où vous ne pouvez pas travailler (maladie, urgence à la maison, démarche personnelle à effectuer).

En moyenne, un freelance travaille 20 jours par mois. Si l’on retire les congés, cela fait environ 220 jour par an. On estime aussi que 40 % du temps de travail d’un indépendant est affecté à des tâches qui ne sont pas facturées. En somme, la rémunération du freelance est calculée sur 130 jours par an environ.

Les charges sociales et la fiscalité

Le montant des cotisations qui entre dans le calcul du salaire varie en fonction du statut juridique choisi pour travailler en freelance. Ces cotisations existent dans tous les cas de figure : micro-entreprise, société unipersonnelle ou portage salarial. Elles servent à financer la protection sociale, en particulier l’assurance maladie (arrêt maladie, congé maternité ou paternité), mais pas l’assurance chômage (sauf dans le cas du portage).

Pour un auto-entrepreneur, les charges correspondent à un pourcentage du chiffre d’affaires réalisé. Le taux est, par exemple, de 22,4 % pour une activité libérale (dont 2 % pour la formation professionnelle), soit 896 € sur un bénéfice de 4 000 €.

Pour un entrepreneur individuel (EI ou EIRL), les charges représentent 45 % du chiffre d’affaires.

En EURL ou en SASU, les choses sont différentes :

  • En EURL, des cotisations sociales minimales sont dues même en l’absence de rémunération de freelance, autour de 35 % du salaire net (prestations de services ou professions libérales) ou de 42 % (commerce, artisanat). Si votre entreprise est soumise à l’impôt sur les sociétés, vous avez la possibilité de vous verser des dividendes. 

  • En SASU, il n’y a pas de cotisations minimales en l’absence de rémunération. Toutefois, parce que vous êtes considéré comme un salarié et affilié au régime général de la Sécurité sociale, le taux de charges sociales est très élevé : environ 80 % du salaire net.

En portage salarial, le freelance est considéré comme un salarié à part entière. Il doit s’acquitter des cotisations patronales et salariales, et verser à la société de portage des frais de gestion. Au global, la rémunération du freelance correspond à 50 % environ du chiffre d’affaires réalisé. En contrepartie, le consultant porté bénéficie d’une protection sociale complète et peut se faire rembourser ses frais professionnels.

Quant à l’impôt sur le revenu, une donnée essentielle à intégrer au calcul de la rémunération du freelance, il dépend du salaire versé et du régime fiscal. Or la fiscalité du freelance est très différente selon qu’il est auto-entrepreneur (un abattement automatique s’applique aux bénéfices réalisés) ou gérant de SASU ou d’EURL (avec la possibilité de faire le choix de payer l’impôt sur les sociétés). À cela, il faut ajouter les taxes, comme la CFE (Cotisation foncière des entreprises) qui dépend du lieu d’exercice et du chiffre d’affaires.

Les dépenses d’activité

Votre taux journalier moyen doit aussi intégrer les dépenses inhérentes à votre activité professionnelle. Ces dépenses ont un impact majeur sur votre rémunération de freelance. Les plus importantes sont :

  • L’achat de marchandises (dans le cadre d’une activité commerciale)

  • L’achat de matériel et de licences logicielles

  • La location d’un bureau ou d’un espace de coworking

  • Les déplacements

  • L’hébergement et les repas (si les missions ont lieu loin du domicile)

  • Les formations

Ces frais sont à déduire de votre chiffre d’affaires. Notez que la micro-entreprise a deux inconvénients sur ce point : l’impossibilité de déduire les charges au réel et de récupérer la TVA sous un certain seuil de bénéfice. À l’inverse, en portage salarial, il est possible de se faire rembourser les frais professionnels.

Les variations en fonction de l’activité

En théorie, vous êtes libre de fixer vos honoraires à votre gré, en fonction du salaire de freelance que vous souhaitez toucher. Mais, dans les faits, il est indispensable que vos prétentions restent cohérentes au regard de votre activité et du marché.

En effet, selon la nature de votre activité professionnelle, votre rémunération de freelance peut changer du tout au tout. C’est naturel : certaines compétences sont plus recherchées que d’autres. Un informaticien, un traducteur, un développeur, un agent commercial et un data scientist ne peuvent pas prétendre au même taux journalier moyen.

À partir de là, d’autres facteurs entrent en compte :

  • la spécialité (les compétences les plus pointues sont aussi les mieux rémunérées) ;

  • la localisation (en région parisienne les TJM de freelances sont plus élevés) ;

  • la nature de la mission (suivant qu’elle est de longue ou de courte durée, une prestation plus longue justifiant une baisse du TJM) ;

  • la négociation avec le client (à vous de fixer un seuil de TJM sous lequel vous n’êtes pas prêt(e) à descendre).

La trésorerie

Enfin, dernier paramètre important pour fixer son taux journalier moyen et calculer sa rémunération de freelance : la nécessité de se constituer une trésorerie.

Un entrepreneur, par définition, a une activité professionnelle précaire qui dépend du volume de commandes. De plus, sa protection sociale est faible et ses cotisations retraite limitées. Il est donc crucial de mettre de l’argent de côté en prévision des creux dans l’activité, des aléas de la vie (maladie, accident) et des congés, mais aussi de dédier une partie de sa rémunération à la souscription d’assurances et de plans d’épargne.

Sur ce point, seul le statut de salarié porté offre une couverture sociale complète et sécurisante, ce qui limite le besoin de trésorerie.

Vous avez maintenant les cartes en main pour fixer votre taux journalier moyen et pour calculer votre futur salaire de freelance !

Pour aller plus loin sur le sujet :

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